• La fête des morts

    Danse macabre au XVe siècle.

    Les "Lemuria" : la mythologie romaine assimile les lémures aux âmes damnées d’hommes et de femmes ne pouvant trouver le repos car ils ont connu une mort tragique ou particulièrement violente. Ils viennent souvent hanter les demeures des vivants. Pour les mettre en fuite le peuple romain célébrait la fête dite de Lémuria les 9, 11 et 13 mai.

    La Toussaint : initialement fêté au mois de mai elle remplaçait la fête des ‘’Lemuria’’ de la Rome antique célébrée à cette date pour conjurer les spectres malfaisants, les revenants (voir-ci-dessus), puis fête des saints, des martyrs, pour les catholiques, le 1er novembre - fête instituée à Rome en 613 par le pape Boniface IV pour les martyrs, et par le pape Grégoire IV au IXe siècle pour l'avoir étendue à tous les saints -, et le 2 novembre pour la fête des morts, et ce même si en France le 1er novembre est un jour férié et qu'ainsi la population fête ses morts à cette occasion - fleurs dans les cimetières.

    Samhain : est la fête religieuse qui célèbre le début de la saison « sombre » de l’année celtique (pour les Celtes, l’année était composée de deux saisons : une saison sombre et une saison claire). C’est une fête de transition — le passage d’une année à l'autre — et d’ouverture vers l’Autre Monde, celui des dieux. Le jour de Samhain est le 1er novembre (d'après les moines irlandais qui ont mis par écrit les coutumes celtiques à partir du VIIIe siècle), mais la fête en elle-même dure une semaine entière, trois jours avant, et trois jours après. Samhain est donc une période entre parenthèses dans l’année : elle n’appartient ni à celle qui s’achève ni à celle qui va commencer ; c’est une durée autonome, hors du temps, « un intervalle de non-temps ».

    Son importance chez les Celtes est incontestable, puisqu’on la retrouve en Gaule sous la mention Tri nox Samoni (les trois nuits de Samhain), durant le mois de Samonios (approximativement le mois de novembre), sur le calendrier de Coligny.

    "Samain marque donc l'entrée dans la période obscure. Pour la traverser, il faut une lumière. Et comme la Porte entre les Mondes est ouverte, on peut solliciter les conseils des Esprits supérieurs. Mais c'est aussi le moment le plus propice pour apporter son aide aux disparus, surtout à ceux qui, trop éloignés du monde spirituel durant leur vie terrestre, errent entre les deux Mondes.

    Lors du Samain, les Celtes ont coutume d'allumer un feu. A l'origine, ces feux servaient de points de repère. En effet, l'étymologie de Samain ("Samuhin") signifie "rassemblement, réunion". Or, c'est à cette date que les bergers rentraient les bêtes pour les protéger du froid. Le "rassemblement" que manifestait Samain était donc originellement celui des bêtes et de leurs pasteurs. Et les grands feux allumés dans la nuit guidaient vers ce "rassemblement". Les Gaulois éteignent le feu de leur foyer, rite symbolisant le nécessaire passage par la mort. Pendant tout le temps que le feu est éteint, l'esprit prend conscience de la consistance de la Nuit qui le renvoie à sa propre nuit intérieure. En rallumant le feu dans l'obscurité, il s'éveille à son propre Feu intérieur renaissant.

    La fête des morts

    Les Korrigans (par Emmanuel Civiello)

    Mais cette nuit-là porte aussi avec elle la possibilité de voir surgir les hordes chaotiques et les esprits maléfiques de l'autre monde, dont les Korrigans (le folklore anglo-saxon de Halloween ne retient d'ailleurs que cet aspect de Samain). Pour éviter le déferlement chaotique de ces petits démons dans les foyers où il fallait préserver ses provisions pour l'hiver, les Celtes veillent à "occuper" ces personnages en leur organisant des fêtes. On notera, au passage, que le stratagème de la diversion par la fête est vieux comme le monde, technique éprouvée dont on use aujourd'hui plus que largement, mais à d'autres fins.

    C'est précisément à Samain que le Druide cueille le Gui sacré. En le coupant à l'aide d'une serpe d'or, il clame : "A Ghel an Heu" qui signifie Le "Blé lève" et non pas comme on le dit aujourd'hui "Au gui l'an neuf !" " (source : De Samain à la Toussaint)

    La fête de Samhain connaîtra plusieurs métamorphoses au cours des siècles, jusqu'à la fête d'Halloween qui en reprend plusieurs caractéristiques.

    Halloween : "la veillée de la Toussaint" le 31 octobre. À l’origine, le symbole d’Halloween était un navet contenant une bougie pour commémorer la légende de Jack-o'-lantern (Jack à la lanterne), condamné à errer éternellement dans l'obscurité entre l'enfer et le paradis en s'éclairant d'un tison posé dans un navet. Le navet fut progressivement remplacé par une citrouille, elle-même remplacée quelquefois par un autre légume. Même s'il y a une tradition des Îles Britanniques consistant à sculpter une lanterne à partir d'un rutabaga, d'une betterave fourragère ou d'un navet, la pratique fut associée à Halloween en Amérique du Nord, où la citrouille était plus large et plus facile à sculpter.

    La fête des morts

    Une jack-o'-lantern traditionnelle (navet) irlandaise du début du XXe siècle.

    Au début du XXe siècle, les enfants du Finistère, en Bretagne, auraient encore eu pour coutume de sculpter des têtes dans des betteraves et des navets à l'approche de la Toussaint, ainsi que de jouer des tours aux autres villageois, selon une anecdote rapportée par Pierre-Jakez Hélias dans son livre Le Cheval d'orgueil.

    Voir aussi : Samhain, Halloween la nuit des jeux et des esprits en Bretagne et pays celtiques

    Jour des morts (au Mexique) : Cette fête se distingue des autres fêtes des morts chrétiennes par le caractère festif de certaines traditions et par la réalisation d'autels privés dédiés aux morts et couverts d'offrandes d'objets, de fleurs et de nourriture.

    De plus, bien que le jour des morts lui-même soit, dans la tradition chrétienne, le 2 novembre, les festivités mexicaines sont pratiquées au moins pendant les deux premiers jours du mois de novembre et commencent généralement le 31 octobre ; dans certaines communautés indigènes, elles sont célébrées plus largement entre le 25 octobre et le 3 novembre. (avant la colonisation espagnole, et donc l'arrivée de la chrétienté, les aztèques fêtaient les morts au mois d'août)


    votre commentaire
  • Ce qui pose problème avec l'histoire du père Noël, par exemple, c'est ce mensonge soigneusement orchestré par tous, famille et société. Nous farcissons la tête de nos enfants, et ce dès le plus jeune âge, d'où cette impression de traitrise et de perte immense une fois le pot aux roses découvert. Mais alors pourquoi avoir cette sensation avec cette histoire de père Noël et pas avec d'autres histoires ? L'homme, l'humain raconte des histoires, des contes, des légendes, depuis la nuit des temps ! pourquoi ce décalage ?  

    Parce que nous avons perdu en cours de route ce qui faisait sens. Parce que des formules d'entrée en matière existaient, et existent toujours, et ces formules permettaient à tout un chacun de prendre la mesure de ce qui était dit, mensonge et vérité : 

    "Il était une fois, et il n'était pas."

    "Je vais vous conter une fable. C'est un mensonge mais tout n'y est pas faux."

    "Au nom de Dieu je commence à mentir : j'ai vu une fourmi allaiter un lapin..." (note : celle-ci serait parfaite en guise d'introduction à l'histoire du père Noël)

    "Cette histoire est véridique, j'y étais et j'ai tout vu, comme disait mon grand-père aveugle."

     "Il était une fois où le peuplier donnait des poires et l'osier des griottes et on mangeait, ah, mon ami..."

    "Il était dans le temps les aveugles faisaient de la couture, le cul-de-jatte sautait les murs et les muets colportaient des nouvelles."

    "Du temps quand le lapin était frère de l'âne à cause de leurs longues oreilles ; et l'escargot épousait la vache, ils avaient tous les deux des cornes ; et la poule et le crocodile couvaient dans le même nid."

    Utiliser la crédulité des jeunes enfants permet certes de frapper d'un grand coup pour ce qui est de la prise de conscience, mais qu'en est-il pour la suite ? C'est le plus souvent une porte grande ouverte sur le boulevard de notre chère société de consommation. Certains boivent pour oublier, d'autres consomment, soit autant de formes de liquidité à absorber, mais ça ne désaltère jamais celui qui a une soif incommensurable de ce dont il a eu le goût à un moment donné, et qui a été détruit. 

    Des explications, une entrée en matière, des discussions, de longues veillées comme au temps jadis, permettaient d'éviter de tomber dans cet écueil. 


    votre commentaire
  • La fête de l'Automne

    En automne, les feuilles tombent et prennent une couleur rougeâtre effaçant peu à peu la verdure que l'été avait semé. La saison perd en degrés tout en gagnant pourtant en chaleur, ses couleurs chatoyantes se chargeant de nous réconforter. Mais qui peut bien décider de ce changement ? 

    On raconte qu'il y a bien longtemps un jeune homme accomplit un magnifique acte de bonté envers une jeune femme. Elle était très mince et particulièrement blanche. Le jeune homme en voyant la jeune femme agenouillée au milieu de la forêt, alors qu'il partait chasser, ne put s'empêcher de lui demander comment elle se sentait. Elle ne répondit que par des larmes. Le jeune homme lui demanda alors ce qui pouvait la rendre si triste, mais elle ne put lui répondre que par un cri aigu qui relança ses pleurs, un ruissellement incessant de larmes, ses dernières commençant à inonder la forêt. Alors, ne sachant que faire pour calmer la jeune femme, toute tentative de discussion ne provoquant qu'une ondée de plus, l'homme alla chercher une petite fleur rouge qu'il avait vu non loin de là et la lui apporta. D'un geste tendre et plein de compassion, il déposa la fleur dans la chevelure de la belle, là, juste au-dessus de son oreille droite. 

    Le geste surpris la jeune femme qui s'arrêta alors de pleurer. Un long silence se fit. Elle retira la fleur de ses cheveux et la regarda fixement. C'était la première fois qu'on lui faisait un présent. C'était la première fois qu'un être humain se montrait simplement chaleureux, une lueur d'amour brillant en son cœur. 

    La légende raconte que la jeune femme était en réalité la déesse de la Lune, et qu'elle était tombée lors de la dernière éclipse. Elle ne pouvait retourner chez elle qu'en trouvant la force et l'espoir que ce qu'elle accomplissait chaque jour dans son cycle autour de la Terre servirait une cause juste. En voyant un homme capable de bonté, cela lui donna l'élan suffisant pour remonter sur la Lune. Depuis, pour le remercier et lui prouver qu'elle n'a jamais oublié son acte, elle fait rougir la nature en souvenir de cette petite fleur rouge, tout en faisant tomber la pluie en souvenir des larmes qu'il avait su faire cesser. C'est tout ce que je sais, tout ce qu'on m'a raconté.

    Alors pour rendre hommage à cette saison et à la chaleur qui se trouve au fond de notre être et pas uniquement au dehors, à une période où justement l'ensoleillement s'amenuise, à chaque équinoxe d'automne - 22 ou 23 septembre pour l'hémisphère nord - certains se réunissent en famille, entre amis. Ils mangent des "gâteaux de la Lune" (une tourte badigeonnée d'œuf pour la rendre brillante comme la Lune et fourrée de ce que l'on préfère manger en automne, selon les goûts, sucré ou salé) et se racontent cette légende. 

    Ainsi, il ne faut jamais oublier qu'il y aura toujours quelqu'un quelque part qui s'intéressera au sort d'autrui. L'automne symbole de chaleur intérieure, le feu de chacun se trouvant au dedans, et bénédiction de la Lune qui ce jour là aurait pu noyer la Terre.   


    votre commentaire
  • Tout commence par une conversation entre une mère et sa fille devenue mère à son tour. Tout commence par une prise de conscience que décidément, les fêtes que nous fêtons ressemblent à beaucoup de choses sauf à des fêtes comme nous en rêverions, ou comme nous les avons vécu à une courte période, avec un émerveillement total. Avant la chute brutale et dérangeante du décor, de la déchirure du papier cadeau nous renvoyant en pleine figure que tout cela n'est que du carton pâte, une matière ne supportant pas l'humidité. Tout s'effrite, se délite, rien n'existe, tout est faux. Pas de père Noël, pas de lapin de Pâques ni de petite souris sous son oreiller. Après y avoir cru dur comme fer pendant des années, nous découvrons soudain que tout cela n'existe pas. Un monde s'écroule pour ne laisser place subitement qu'à un immense et monstrueux animal tentaculaire : Monsieur Marketing et ses succursales multicolores au vacarme incessant. 

    Une prise de conscience donc - la fameuse perte des illusions sur ce monde -, avec aussi des fêtes ne correspondant pas aux personnes que nous sommes. La religion chrétienne n'ayant pas forcément sa place dans tous les foyers. 

    - Alors, alors, que faire ? 

    - Reprendre les choses en main, cesser de suivre le mouvement commercial, réinventer nos fêtes en nous les réappropriant.

    - En les faisant à notre image ?

    - Oui, il y a de ça, avec nos mythes. Osons mettre notre patte, notre marque, dans ce projet collectif et si individuel à la fois.


    votre commentaire