• Mois de mai

    D’un point de vue mythologique, le mois de mai est, depuis toujours, le mois des fêtes en l’honneur de la végétation, des fleurs, des sources et de l’eau. C’est le mois du retour des morts et des ancêtres mythiques. Or, tous ces objets symboliques sont inséparables de l’amour, de l’érotisme et de la lutte des forces des ténèbres.

    Chez les Romains, le mois de mai était celui de Maia, déesse de la fécondité, c’est-à-dire un des avatars de la Terre-Mère. Le mois de mai est donc logiquement devenu le mois de Marie.

    Dans le monde celtique, la date du 1er mai est celle de la fête de Beltaine - date à laquelle les Celtes passaient de la saison sombre à la saison claire, elle est en opposition à Samain, ou Halloween -, la grande fête celtique du dieu Bel, correspondant au dieu gaulois Belenos. C’est une fête du feu.

    Le mois de mai connaît aussi la fête du Meyboom, Maypole, Maibaum, Maggiolata, etc. qui réactualise l’acte primordial de la régénération cosmique. L’arbre symbolise ici l’ensemble des forces de la Nature domestiquées par les ancêtres, les héros et les dieux primordiaux. (Source)

    Arbre de mai - nuit de Walpurgis - 1er mai - muguet

    Illustration d’une danse autour de l’arbre de mai, symbole du renouveau (illustration du XIIIe siècle)

    L'arbre est l'élément qui représente au mieux ces thèmes : renaissance de la Nature, symbole phallique par excellence.

    La tradition de l'arbre de mai est donc un rite de fécondité lié au retour de la frondaison. Jadis répandu dans toute l’Europe occidentale, ce rite prend son sens dans le cycle du mai traditionnel.

    Cette coutume, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, consistait chez les Égyptiens en la plantation de rameaux verts devant la porte de hauts dignitaires. Marque de respect, elle s’est propagée dans nombre de contrées, évoluant au fil des siècles : planté au pied du château seigneurial au Moyen Age, l’arbre de mai investit le palais de Justice de Paris durant la Renaissance, se voyant également adopté par certains galants voulant combler leurs belles.

     Le mât de mai : Il s'agit d'un grand mât au sommet duquel sont fixés des rubans de couleur qui seront enroulés par les participants à la cérémonie lors d'une danse en l'honneur de la renaissance de la nature et de la fertilité. 

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    Terre fertile :

    • Dans la Rome antique, il n'était pas rare qu'un propriétaire terrien se rende dans les champs avec sa femme dans les champs afin d'avoir des relations sexuelles avec elle dans ses champs. Cela, disait-on, assurait que le domaine serait fertile et productif.
    • Dans certaines traditions, les femmes menstruées ajoutaient un peu de leur sang à la terre pour la rendre plus puissante. Il est scientifiquement prouvé que le sang contienne beaucoup de nutriments, il est donc logique que cet acte ait été perpétré avant les plantations.
    • Les agriculteurs de la région du Congo, en Afrique, font des offrandes aux esprits de la terre avant de commencer leurs plantations. Ils accompagnaient également leurs offrandes de chants, et de battements de tambours, mais uniquement après que les esprits aient manifesté leur contentement et leur aient montré qu'ils étaient des cadeaux des agriculteurs.
    • Les peuples algonquins exécutaient des danses rituelles pour assurer une abondante récolte agricole chaque année. Ces danses généraient beaucoup de bruit, afin de réveiller la terre après sa longue hibernation.
    • En Crète, une danse de l'épée appelée Kuortes a lieu chaque printemps. Pendant le Kourtes, un groupe d'hommes se réunit, se déplaçant de concert avec des bâtons ou des épées. Bien que cette danse semble guerrière d'apparence, ce n'était pas une danse martiale mais plutôt un acte favorisant la fertilité. Lors de vos plantations, pour vous inspirer de cela, vous pouvez par exemple taper sur la terre fraîchement labourée avec un bâton ou une épée afin de recréer cette symbolique. 
    • Les femmes romaines rendaient hommage à Flora, la déesse des fleurs, et à Maïa, la déesse de la fertilité, afin d'assurer la fertilité de la terre et de leur utérus. Une femme qui avait du mal à concevoir un enfant offrait ainsi des fleurs au temple de Bona Dea, sur la colline de l'Aventin. Paradoxalement, Bona Dea était à la fois une déesse de la virginité et de la fertilité, souvent représentée par le serpent.
    • À Nagoya, au Japon, les habitants célèbrent encore le festival annuel Honen-sai. Celui-ci est organisé chaque année au printemps, afin de s'assurer d'abondantes cultures. Le point culminant de cette célébration est un défilé au cours duquel les habitants viennent assister à la procession d'un phallus géant (voir article ici), fabriqué en bois de cyprès par des artisans selon des techniques ancestrales. Celui-ci représente l'essence de l'union entre homme et femme, mais également l'essence de la terre. (source)

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    La nuit de Walpurgis, nommée en l'honneur de Sainte Walburge (710-779), est une fête néo-païenne qui a lieu dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Célébrée clandestinement dans toute l'Europe depuis des temps reculés, malgré les interdits et les excommunications de l'Église, elle a été identifiée au sabbat  des sorcières. Elle est surtout le symbole de la fin de l'hiver, parfois associée à la plantation de l'arbre de mai ou à l'embrasement de grands feux.

    (Source)

    la nuit de Walpurgis est un épisode historique caractéristique des difficultés que rencontrèrent les autorités religieuses quand il fut décidé de récupérer, dans le cadre de la foi chrétienne, les forces occultes et païennes associées à ce mois.

    La nuit du 1er mai est celle de Walburge, bénédictine anglaise appelée en Allemagne par saint Boniface pour y raviver la foi chrétienne. Devenue abbesse de Heidenheim , elle avait été initiée à la Magie et à l’utilisation des plantes médicinales. Après sa mort, en 778, une huile miraculeuse se mit à sourdre de son tombeau. Cette huile protège de tous les maléfices. Elle symbolise également le feu purificateur allumé partout en Allemagne durant la nuit du 1er mai et dont parle Goethe dans son Faust. En Tchéquie, les enfants se déguisent en sorcières et de grands feux purificateurs sont allumés dans les campagnes.

    L’Inquisition déclara que cette nuit du 1er mai correspondait au sabbat des sorcières. En 1484, le pape Innocent VIII condamnera au bûcher toute personne associée à un quelconque acte de magie.

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    Le muguet

    Il semble que le muguet aussi appelé lys des vallées, une plante originaire du Japon, soit présente en Europe depuis le Moyen-Age. La plante à clochettes a toujours symbolisé le printemps et les Celtes lui accordaient des vertus porte-bonheur. Le 1er mai 1561, le roi Charles IX officialisa les choses : ayant reçu à cette date un brin de muguet en guise de porte-bonheur, il décida d'en offrir chaque année aux dames de la cour. La tradition était née.
    La fleur est aussi celle des rencontres amoureuses. Longtemps, furent organisés en Europe des "bals du muguet". C'était d'ailleurs l'un des seuls bals de l'année où les parents n'avaient pas le droit de cité. Ce jour-là, les jeunes filles s'habillaient de blanc et les garçons ornaient leur boutonnière d'un brin de muguet.


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  • Floralia (ludi florales) - les jeux floraux

    Fête de Palès, de Joseph-Benoît Suvée.

    Les Parilia (ou Palilia) sont une fête de l'ancienne religion romaine, qui était célébrée le 21 avril. Cette fête honorait la déesse Palès, déesse des bergers. Il s'agit à l'origine d'une fête agraire, qui comportait la purification (lustration) des troupeaux et de leurs gardiens.

    Cette fête était célébrée par les bergers, qui allumaient des feux et dansaient autour pour obtenir la fécondité de leurs troupeaux. On la dédia à la déesse Palès (déesse des bergers). Plus tard, cette fête coïncida avec le jour où l’on fêtait l'anniversaire de la fondation de la ville de Rome par Romulus, sur le mont Palatin.

    La cendre des veaux brûlés lors des Fordicidia, mélangée à du sang de cheval et des cosses de fèves, fut ensuite utilisée pour se purifier.

    Ovide, dans les Fastes, décrit de manière détaillée les rites de la fête des Parilia : il existait deux rituels différents, un rituel urbain observé à Rome et un rituel rural pratiqué à la campagne. 

    Voir Autour des Parilia - Ovide, Fastes IV.

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  • Suite à l'article sur les décorations de l'équinoxe de printemps, Pâques, et de leur symbolisme, voici notre approche pour cette année 2015, un "arbre d'Ostara" fait de branches de noisetier et de branches de forsythia - avec des bourgeons pour le premier et des fleurs pour le second, je trouvais cela parfait pour fêter le printemps, la renaissance -, le tout agrémenté d’œufs (de nos poules !) décorés après teinture.

    Sur la gauche nous avons la corbeille nid avec d'autres œufs vidés, décorés, et garnie de friture en plus de petits œufs en chocolat. A droite un moelleux aux noisettes fait maison que nous dégusterons demain matin au petit déjeuner (je viens de tout mettre en place pour demain matin). Sinon je précise que oui, il y a peu de chocolats car je préfère la qualité à la quantité, donc un certain budget par sachet, et comme en ce moment nous sommes trois dans la maison, il y a donc trois sachets de chocolats (deux dans des bols). De plus, comme maintenant les enfants sont grands et que les petits enfants ne sont pas là ou pas encore en âge de courir dans le jardin pour rechercher des œufs, cette approche nous convient très bien et ce même si une poule en chocolat aurait été la bienvenue au milieu de ce nid improvisé.

    Il ne nous manque plus qu'un infime détail qui a pour moi toute son importance, ces fameux petits papiers que nous allons également mettre en place : "Il est aussi possible d'inscrire sur un papier tout ce que nous souhaiterions voir disparaître lors du grand "ménage de printemps". Les suspendre à l'arbre. Ces papiers seront brûlés le jour de la célébration pour acter notre volonté de changement."

    Joyeuses Pâques à tous !


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  • Cette tradition trouverait son origine en France, en 1564. La légende veut que jusqu’alors, l’année aurait commencé au 1er avril (en fait le 25 mars correspondait selon le calendrier julien au Jour de l'an), à la fête de l'Annonciation à Marie avec la tradition de s'échanger des cadeaux. Mais le roi de France Charles IX décida, par l’Édit de Roussillon, que l’année débuterait désormais le 1er janvier, marque du rallongement des journées, au lieu de fin mars, arrivée du printemps. En fait, l’année civile débutait à différentes dates selon les régions, voir Édit de Roussillon.

    Si l’origine exacte de l’utilisation des poissons reste obscure, il semble que beaucoup de personnes eurent des difficultés à s'adapter au nouveau calendrier, d'autres n'étaient pas au courant du changement et continuèrent à célébrer le 1er avril selon l'ancienne tradition. Pour se moquer d'elles, certains profitèrent de l’occasion pour leur remettre de faux cadeaux et leur jouer des tours. Les cadeaux que l'on s'offrait en avril étaient le plus souvent alimentaires. Cette date étant à la fin du Carême, période de jeûne durant laquelle la consommation de viande est interdite chez les Chrétiens, le poisson était le présent le plus fréquent. Lorsque les blagues se développèrent, l'un des pièges les plus courants était l'offrande de faux poissons. Ainsi naquit le fameux poisson d’avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité ou la voient autrement. (source)

    Voir aussi l'article Les calendriers et le début de l'année pour l'édit de Roussillon.


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