• "Le mois qui nous occupe ne porta pas le nom du dieu auquel il était consacré. Numa l’appela februarius, du mot latin februare, qui signifie purifier. A cette époque de l’année avaient lieu, en effet, des fêtes publiques expiatoires appelées Fébruales. Ces fêtes, qui commençaient le 1er février et qui duraient huit jours, avaient été instituées en l’honneur des morts. (...) Des sacrifices étaient faits aux dieux infernaux en l’honneur des morts qu’on voulait honorer. Pendant la durée des fêtes, il n’était permis à personne de se marier.

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    Le combat de Carnaval et de Carême, Pieter Brueghel l'Ancien (1559)

    "Le carnaval est une tradition archaïque liée aux cycles saisonniers et agricoles. L’historien des religions Mircea Eliade écrit : « Toute nouvelle année est une reprise du temps à son commencement, c’est-à-dire une répétition de la cosmogonie. Les combats rituels entre deux groupes de figurants, la présence des morts, les saturnales et les orgies, sont autant d'éléments qui dénotent qu’à la fin de l’année et dans l’attente du Nouvel An se répètent les moments mythiques du passage du chaos à la cosmogonie ». Eliade écrit encore : « Alors les morts pourront revenir, car toutes les barrières entre morts et vivants sont brisées (le chaos primordial n'est-il pas réactualisé ?) et reviendront puisqu'à cet instant paradoxal où le temps sera suspendu et qu'ils pourront donc être de nouveau contemporains des vivants ». Eliade souligne que les peuples ont « d’une manière profonde le besoin de se régénérer périodiquement en abolissant le temps écoulé et en réactualisant la cosmogonie ».

    Dans l’essai Le Sacré et le Profane Mircea Eliade écrit : « L'abolition du temps profane écoulé s’effectuait au moyen des rites qui signifiaient une sorte de « fin du monde ». L'extinction des feux, le retour des âmes des morts, la confusion sociale du type des saturnales, la licence érotique, les orgies, etc. symbolisaient la régression du cosmos dans le chaos »."

    Source : Carnaval

    Fête des fous - Charivari du Roman de Fauvel, miniature du XIVe siècle

    "D'après le calendrier religieux, le carnaval débute à l'Épiphanie (le 6 janvier), date qui marque la fin des fêtes de Noël et s'arrête le mardi gras, veille du début de la période de carême. Les Laetare sont des carnavals de mi-carême.

    Les saturnales des Romains et les fêtes dionysiaques en Grèce sont des précédents historiques du carnaval."

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    "Au cours des Saturnales, les esclaves jouissent d'une apparente et provisoire liberté.

    Durant cette fête très populaire, l'ordre hiérarchique des hommes et logique des choses est inversé de façon parodique et provisoire : l'autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue. Ces derniers ont le droit de parler et d'agir sans contrainte, sont libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux. Les tribunaux et les écoles sont en vacances et les exécutions interdites, le travail cesse."

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    "Lors des Saturnales, les Romains désignaient un esclave comme « roi d’un jour ». Les Saturnales étaient en effet une fête d’inversion des rôles afin de déjouer les jours néfastes de Saturne, divinité chtonienne. Au cours du banquet (au début ou à la fin des Saturnales, selon les différentes époques de la Rome antique) au sein de chaque grande familia, les Romains utilisaient la fève d’un gâteau comme « bulletin de vote » pour élire le « Saturnalicius princeps » (Maître des Saturnales ou Roi du désordre). Cela permettait de resserrer les affections domestiques et donnait au « roi d’un jour » le pouvoir d’exaucer tous ses désirs pendant la journée (comme donner des ordres à son maître) avant d’être mis à mort, ou plus probablement de retourner à sa vie servile à l’issue de celle-ci. Pour assurer une distribution aléatoire des parts de galette, il était de coutume que le plus jeune se place sous la table et nomme le bénéficiaire de la part qui était désignée par la personne chargée du service (d’où l’usage toujours vivant de « tirer les rois »). Tacite écrit que, dans les fêtes consacrées à Saturne, il était d’usage de tirer au sort la royauté. Étienne Pasquier a décrit dans ses Recherches de la France les cérémonies qui s’observaient en cette occasion : « Le gâteau, coupé en autant de parts qu’il y a de conviés, on met un petit enfant sous la table, lequel le maitre interroge sous le nom de Phébé (Phœbus ou Apollon), comme si ce fût un qui, en l’innocence de son âge, représentât un oracle d’Apollon. À cet interrogatoire, l’enfant répond d’un mot latin domine (seigneur, maître). Sur cela, le maître l’adjure de dire à qui il distribuera la portion du gâteau qu’il tient en sa main, l’enfant le nomme ainsi qu’il lui tombe en la pensée, sans acception de la dignité des personnes, jusqu’à ce que la part soit donnée où est la fève ; celui qui l’a est réputé roi de la compagnie encore qu’il soit moindre en autorité. Et, ce fait, chacun se déborde à boire, manger et danser. »

    C’est cet usage qui est passé jusqu’à nous. On en retrouve la trace non seulement dans le rituel de la galette des Rois, mais aussi dans la fête des Fous médiévale et des « rois et reines » des carnavals actuels."

    Source : Galette des Rois


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  • Les calendriers et le début de l'année (mars, puis janvier)

    Lettrine représentant un homme écrivant, probablement Macrobe, écrivain, philosophe et philologue latin, auteur des Saturnales. Il est né vers 370 à Sicca en Numidie (Afrique). C'est avec saint Augustin et Cassiodore l'un des « passeurs de témoin » à la fin de l'Antiquité romaine, notamment en ce qui concerne la question de l'âme.

    Macrobe dans ses Saturnales (1,12) : "Telle fut la division de l'année établie par Romulus, laquelle, comme nous l'avons déjà dit, était de dix mois, et de trois cent quatre jours; six mois étant de trente jours, et quatre de trente-un. Mais comme cette division n'était d'accord ni avec le cours du soleil, ni avec les phases de la lune, il arrivait souvent que les froids survenaient durant les mois de l'été, et les chaleurs, au contraire, durant les mois de l'hiver. Quand cela arrivait, on cessait de compter les mois, et on laissait s'écouler les jours, en attendant d'être arrivé à cette époque de l'année où le mois dans lequel on se trouvait devait coïncider avec l'état du ciel."

    Les calendriers et le début de l'année (mars, puis janvier)

    Photo d'un calendrier romain.

    " Elle [l'année] commence avec le printemps : son premier mois, le seul qui porte un nom de divinité s'appelle du nom de Mars (Martius) ; les trois mois qui suivent sont ceux des bourgeons qui s'entr'ouvrent (aprilis, avril), de la croissance (majus, mai), et de la floraison (junius, juin) " Mommsen

    Les calendriers et le début de l'année (mars, puis janvier)

    Janus

    Mommsen écrit, en parlant de Janus que " la double face tournée de deux côtés opposés indique aussi la porte qui s'ouvre en dedans et au dehors. Il convient d'autant moins d'en faire un dieu annal ou solaire que le mois appelé de son nom (Januarius, janvier) est le onzième de l'année romaine et non le premier. J'ajoute même que ce nom du mois vient sans doute de ce que, précisément après le repos forcé de la mi-hiver, les travaux des champs vont reprendre leur cours."

     Source : Les calendriers romains pré-juliens.

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    "Il nous semble tout naturel, aujourd'hui, de commencer l'année au 1er janvier. Quoique si on regarde un agenda scolaire, on peut se demander si l'année ne commence pas au 1er septembre. Il suffirait qu'au 31 août nous passions de 2004 à 2005 par exemple pour nous imaginer ce qui s'est passé à une certaine époque.

    Et cette époque, c'est encore le Moyen Âge. Sauf que, bien entendu, ce n'était pas la rentrée scolaire qui dictait le changement d'année ! Mais de nombreuses dates, qu'on appelle styles furent utilisées. Pour la plupart, elles correspondaient à des événements religieux.

    Nous allons rester en France et faire le tour des principaux styles utilisés, les uns étant à date fixe, un autre à date variable.

    - Le style du premier mars fut utilisé aux VIème et VIIème siècles.

    - Le style de la Nativité (25 décembre) était en vigueur chez les Carolingiens. Par exemple, Charlemagne est couronné le 25 décembre 800, premier jour de l'année.

    - Le style de l'Annonciation (25 mars) est en fait double et comporte le style florentin (utilisé dans le Midi et le Dauphiné) qui retarde de trois mois sur le nôtre et le style pisan qui a un an d'avance sur le précédent, et donc 9 mois sur le nôtre.

    - Le style de la Résurrection ou style pascal fut adopté à partir du XIIème siècle et se généralisa aux XIIème et XIIIème siècle. Malheureusement pour les historiens qui doivent chercher les dates de Pâques pour savoir quand change l'année. Étonnant aussi, ce style, par le fait qu'il faisait varier la longueur de l'année qui pouvait durer de 330 à 400 jours.

    Et le style du premier janvier alors ?

     Le problème, c'est que janvier était consacré à Janus, divinité païenne s'il en est et que personne n'était très chaud pour faire débuter l'année au 1er janvier. Jusqu'à un certain 9 août 1564.

    Pour affermir le pouvoir de son fils Charles IX, Catherine de Médicis entreprend avec lui un long voyage à travers le royaume (1564-1566). Le nouveau roi n'a alors que 13 ans. Suite à une épidémie de peste, toute la famille et consorts se réfugient à Roussillon pas loin de Lyon. C'est là que Charles IX et ses ministres (à moins que ce ne soit l'inverse) Michel et de l'Hospital et Sébastien de l'Aubespine révisent une loi relative à la justice. Ils y ajoutent, on ne sait pourquoi, un article 39 qui stipule que l'année commencera désormais le 1er janvier. C'est l'Édit de Roussillon dont voici une partie du texte :

    "Voulons et ordonnons qu'en tous actes, registres, instruments, contracts, ordonnances, édicts, tant patentes que missives, et toute escripture privé, l'année commence doresénavant et soit comptée du premier jour de ce moys de janvier.
    Donné à Roussillon, le neufiesme lour d'aoust, l'an de grace mil cinq cens soixante-quatre. Et de notre règne de quatriesme. Ainsi signé le Roy en son Conseil" Sébastin de l'Aubespine.

    Effet retard aidant, il faudra attendre 1567 pour que l'Édit soit appliqué à Paris et encore plus tard pour le reste du royaume. Et, peu de temps plus tard, en 1582, ce fut la grande réforme grégorienne.

    La chronologie telle que nous la connaissons était née."

    Source : L'ère chrétienne et le début de l'année.

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    La question à se poser : le premier jour de l'année ne devrait-il pas en effet correspondre avec le début du printemps ? avec la lancée de la végétation, et non au beau milieu de l'hiver, au mois de janvier.


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  • Yule est une fête d'hiver, plus exactement elle correspond au solstice d'hiver - entre le 20 et le 23 décembre -, elle a été associée aux fêtes de Noël dans les pays nordiques depuis la christianisation des peuples germains et scandinaves. Elle est le symbole du retour du soleil et de la lumière après la nuit la plus longue de l'année, le fameux solstice d'hiver, les journées vont donc à nouveau s'allonger. A cette occasion, le soir de Yule, il est de coutume d'allumer des bougies, des chandelles, voir de grands feux de joie jusqu'à l'aube pour faire fuir l'obscurité et revenir la lumière. La bûche de Yule en est notre dernier vestige, la tradition veut que l'on fasse brûler cette bûche pendant douze heures, préalablement décorée et arrosée d'huile, dans notre cheminée. Il est dit qu'elle portera chance au cours de l'année à venir. C'est d'ailleurs de cette bûche que découle l'habituelle "bûche glacée de Noël" présente au dessert dans la majorité des foyers. On retrouve aujourd'hui à Noël les couronnes de gui, une idée reprise par le christianisme. Il existait la couronne horizontale, d'origine scandinave ou germanique, qui portait 4 bougies. Chaque dimanche il était coutume d'allumer une nouvelle bougie - rouge le plus souvent -, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. D'autres allumaient également des bougies à minuit le soir du solstice pour symboliser la renaissance du dieu et de la lumière au cœur de l'obscurité. Une grande bougie pilier rouge décorée de houx et autres plantes au feuillage persistant était une coutume très répandue à travers la grande Bretagne, l'Irlande et la Scandinavie. Des cadeaux étaient offerts pour perpétuer la survivance de la communauté. On partageait de la nourriture - ainsi que le bétail - avec ses voisins, ses proches, pour avoir la certitude que chacun survivra aux durs mois à venir.

    Dans la mythologie nordique, Yule est le moment de l'année où Heimdall (de son trône situé au pôle Nord) accompagné des Æesirs revient visiter ses enfants, les descendants de Jarl. Ils visitent ainsi chaque foyer pour récompenser ceux qui ont bien agi durant l'année, et laissent un présent dans leur chaussette. Ceux ayant mal agi voyaient à l'aube leur chaussette emplie de cendres. Yule est aussi une fête où les gens de leur côté, et les dieux du leur, se rencontrent pour partager un repas, raconter des histoires, festoyer et chanter. 

    Solstice d'hiver - Yule (le "Noël" d'avant la christianisation)

    La fête s'observe en commémorant la mort du Roi de houx - maître de l'année du solstice d'été au solstice d'hiver - qui meurt tué (la tête coupée) par son successeur le Roi de chêne - maître de l'année du solstice d'hiver au solstice d'été -, tous deux des dieux-arbres. C'est le symbole de la lumière qui prend le pas sur l'obscurité.

    Solstice d'hiver - Yule (le "Noël" d'avant la christianisation)

    L'un va céder sa place à l'autre lorsque ses forces s'épuisent, afin de prendre le « relais » sur le règne de la forêt. Ils semblent être opposés mais sont en fait complémentaires, ce qui va avec le cycle de la vie et des saisons, la roue du temps.

    Solstice d'hiver - Yule (le "Noël" d'avant la christianisation)

    Solstice d'hiver - Yule (le "Noël" d'avant la christianisation)

     Les symboles de Noël sont inspirés de cette fête (sapins, gui, houx, bonhomme en pain d'épice, et cadeaux…). 

     


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