• Dans la Rome antique, on célébrait le 13 octobre la fête des sources, les Fontinalia. Cette fête des fontaines, de FONS FONTIS, la source, était en l’honneur du dieu FONS, le dieu des sources. A cette occasion, on jetait des couronnes dans les fontaines et on couronnait la margelle des puits. Ces couronnes et guirlandes étaient donc en l'honneur du dieu Fontus, également appelé Fons - fils de Janus, le dieu des transitions et des commencements, et de Juturne, déesse des fontaines, des puits et des sources.

    "La source symbolise elle aussi le début et l'origine de toute chose. Fontus participe au grand rythme des cycles annuels. Les récoltes sont passées, la saison obscure commence, et au-delà de la mort hivernale, s'annonce une vie qui renaîtra avec le changement cyclique. C'est cette espérance que le dieu Fontus ravive chaque 13 octobre."


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  • Mabon - équinoxe d'automne

     "L'équinoxe d'Automne - le 20, 21 septembre ou 23 septembre (cela peut changer selon les années) -, c'est la fin du cycle productif de la nature pour l'année. La mythologie grecque raconte qu'en ce jour, Hadès, dieu du royaume des morts, aperçut Perséphone et en tomba immédiatement amoureux. Il l'enleva afin qu'ils règnent ensemble sur les enfers. Sa mère, Déméter, la déesse des récoltes, ne trouvant plus sa fille, tomba dans un chagrin et un désespoir tel que les fleurs, les arbres et toutes les plantes se flétrirent. Les dieux de l'Olympe, veillant sur les humains, parvinrent à un compromis avec Hadès, pour le retour de Perséphone : elle passerait 6 mois de l'année avec Hadès dans le royaume des ténèbres et 6 mois sur terre avec sa mère. Déméter, en guise de représailles, annonça que durant les 6 mois passés avec Hadès, la nature porterait son deuil et que rien ne pousserait sur la terre."

     "Après l'équinoxe de printemps, voici l'équinoxe d'automne (Mabon, pour certains), période où la durée du jour et de la nuit sont égaux. Mais alors que le printemps est l'annonciateur de la lumière triomphante sur l'ombre avec l'apogée de l'été, l'automne annonce que l'ombre va l'emporter sur la lumière, nous amenant au cœur de l'hiver. Partout dans le monde on célèbre le soleil et les moissons (en Amérique du nord et du sud, en Europe centrale, fêtes juives, en Irlande…).

    Nombre de sites pré-chrétiens interagissent avec l'alignement du soleil pour animer l'architecture présente. Ces célébrations revêtent une grande force mystique et psychologique.

    N'oublions pas que de ces moissons dépendaient la survie de la communauté. Et que l'hiver approchant grandement, toutes erreurs, toutes maladresses annonçaient un funeste avenir pour tous. Alors plus que des libations, des banquets pantagruéliques et des danses débridées ; on se concentre plus sur la recherche de l'équilibre, du juste mouvement, du juste mot, du juste acte, de la juste pensée…"

    Mabon - équinoxe d'automne

     " C'est un moment d'équilibre car le jour et la nuit sont égaux, une fois encore. Mais le monde commence à basculer vers le temps de l'obscurité, car l'automne nous annonce que l'ombre va l'emporter sur la lumière, nous amenant au cœur de l'hiver.  C'est par conséquent un moment privilégié pour la méditation et pour l'introspection ; le moment venu pour analyser "nos propres récoltes personnelles" obtenues jusque là. Il est temps de finir les dernières actions commencées ; et l'on peut se remettre en question. Nous acceptons "notre part d'ombre" pour illuminer l'hiver avec "notre Lumière". Nous avons récolté les fruits de nos travaux passés, et nous mettons de côté pour l'avenir..." 

    (source)

    Mabon - équinoxe d'automne

    "Bien que la majorité des paysans européens ne s'attardaient pas à calculer la date exacte de l'équinoxe, ils célébraient l'événement à une date fixe, le 25 Septembre, un jour de congé nommé "Michaelmas" (la fête de l'archange Michael) par l’Église médiévale christianisée. A l'époque médiévale, les taxes étaient fixées à la période de Pâques et au moment de la fête de l'Archange.

    La Pleine Lune proche de l'équinoxe d'automne, est nommée "Lune de la récolte" depuis que les paysans profitent de cette nuit-là pour récolter leurs productions, aidés par la clarté lunaire. Par association également la Pleine Lune de Septembre porte le nom de "Lune du Vin", car c'est lors de ce cycle lunaire que les raisins sont récoltés, pressés et mis en bouteille afin de devenir du vin (sachant que le vin et les grappes de raisin étaient considérées comme sacrés par les premiers païens, d'où, d'ailleurs, l'autre nom donné à Mabon : fête de Dionysos, généralement considéré comme le dieu de la Vigne et le Dieu de la Résurrection.

    Aujourd'hui, nous réalisons que l’équinoxe d'automne n'est pas simplement une balance physique entre le jour et la nuit, mais également une balance magique. Les forces positives et négatives démarrent un nouveau cycle et sont à égalité (NDLT : nous sommes ici extérieurs au concept de bien et de mal. Il ne s'agit que d'une opposition de forces créant un équilibre.). Mabon est le moment idéal pour regarder en arrière, pour constater les efforts que l'on a pu fournir dans le passé (pas seulement cette année, mais bien plus encore en arrière). C'est le moment de faire le point, de se féliciter des efforts fournis mais également de s'encourager mutuellement pour les efforts restant encore à fournir... Il est temps également, lors de Mabon, de se fixer des objectifs à atteindre, des priorités et des résolutions."

    (source)

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    "A certains endroits du monde, ou dans certaines cultures, étaient (ou sont toujours) célébrées d'autres fêtes qui peuvent être mises en relation avec Mabon et l'équinoxe de manière générale.

    Anglais
     : Autumn Equinox, Wine Harvest (Royaume Uni), Thanksgiving (USA - Canada)
    Chrétien : Michaelmas (25 - 29 septembre) - fête de l'archange Michael (Royaume Uni)
    Grec : Festival de Dionysos (note : il faut
     distinguer les grandes dionysiaques qui se célébraient au mois de février, et les petites dionysiaques, en automne. À l'occasion des dionysiaques, on instituait non seulement des courses, des luttes, des jeux, mais encore des concours de poésie et de représentations dramatiques.)

    Inca : Situa Raymi
    Asatrù : Winter Nights 
    Gallois : Alban Elfed (lumière de l'automne)
    Japonais : Shūbun no hi (秋分の日) 
    Asatrù : Winter Finding (cette célébration s'étale sur une période démarrant le jour du Sabbat et se terminant le 15 octobre)
    Germanique : Erntedankfest (action de grâce)"

    (source)


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  • Fête du 1er août : Lughnasadh (

    Le premier août de chaque année a lieu la grande fête celte de Lughnasadh. Dans le calendrier des cycles, cette fête est à mi-chemin entre le solstice d'été et l'équinoxe d'automne. Cette fête porte aussi le nom de Lammas - mais c'est un terme plus récent car il apparut sous influence anglo-saxonne, alors que celui de Lugnasad est antérieur, d'époque purement celte - Elembiuos, Thingtide, August Eve ou encore Feast of Bread. Son nom, Lammas, vient du terme anglo-saxon "Hlaef-Mass" qui signifie "messe du pain". Les chroniques anglo-saxonnes de 921 mentionnent ce jour comme étant "le festin des premières récoltes". Cette célébration a connu une grande popularité au Moyen-Âge mais a un peu disparu au moment de la Réforme, bien que certaines coutumes aient survécu et continuèrent d'être perpétuées.

    Cette fête marque la victoire manifeste de l'ombre sur la lumière - puisque depuis le 21 juin les jours raccourcissent - mais aussi la première récolte de l'année, lorsque le grain est récolté, transformé en farine et utilisé pour fabriquer le pain. Il est le symbole de l'abondance, de la prospérité, de la purification, de la transformation et du changement, préparant, si la récolte est fructueuse, à un hiver convenable.

    Fête du 1er août : Lugnasad (

    Le nom Lugnasad fait référence au grand dieu celte Lug***, et serait à traduire comme les "Jeux de Lug" ou "Assemblée de Lug". Le dieu Lug est le souverain qui redistribue les richesses. En son honneur se célébraient de véritables jeux "olympiques". Avec Lug nous sommes en présence d'un grand Dieu pan-celtique, c'est à dire qu'il fut hautement vénéré par tous les Celtes, continentaux et insulaires. Il a donné son nom à plus d'une douzaine de grandes villes en Europe comme Lyon (Lugdunum), Laon, Loudon en France, Leiden aux Pays-Bas, Lucca en Italie, Liegnitz en Pologne, Carlisle en Angleterre. De nombreux peuples celtes font remonter leur lignée jusqu'au dieu Lug, ce qui se retrouve dans le nom même de leur tribu comme par exemple les Lugones en Asturie (Espagne), ou Lougi en Écosse (Grande-Bretagne). Lug est un dieu polyvalent, pluri-fonctionnel, mais dont les traits principaux sont à situer dans la fonction souveraine et magico-religieuse. Ce profil correspond donc à la première fonction dumézilienne ((les trois fonctions étant dans l'ordre : sacerdotale, guerrière et artisanale). Il est à noter d'ailleurs que le dieu Lug fut comparé à juste titre avec d'autres dieux indo-européens de la même fonction. Tout comme le dieu indo-aryen Varuna ou le dieu germano-nordique Wodan-Odin, Lug possède de grands pouvoirs liés à sa connaissance des arts magiques. Les correspondances avec le dieu Odin sont parfois frappantes: les corbeaux sont les animaux qui accompagnent le dieu Lug, il pratique l'art de la magie, il ferme un œil pour la réalisation de certains rituels, il est le "patron" des poètes, il mène les armées au combat, son arme est la lance.

    Fête du 1er août : Lughnasadh (

    Le dieu Lug instaura cette fête en mémoire de sa mère adoptive Tailtiu dont un tumulus existe à Teltown en Irlande :

    Tailtiu, dans la mythologie celtique irlandaise, est la fille de Mag Mor, « roi d’Espagne » et l’épouse du dernier roi des Fir Bolg, Eochaid Mac Erc, dont le règne est réputé pour sa justice et sa prospérité. Elle est présente dans le texte mythique Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes d’Irlande). Elle défriche la forêt de Breg, pour en faire une plaine cultivable, ce qui la fait mourir d’épuisement. La forêt de Breg fait place à un champ de trèfle, plante désormais emblématique. L’étymologie de son nom est commune avec celui de la terre, elle a d’ailleurs laissé son nom à une ville de la province de Meath, Teltown (entre Navan et Kells). Elle est une des incarnations de l’Irlande.

    Ayant survécu à la « Première Bataille de Mag Tured » qui voit la défaite des Fir Bolg par les Tuatha Dé Danann, elle devient la mère adoptive du dieu Lug. À sa mort, celui-ci organise des cérémonies en son honneur (Áenach Tailteann) lors de la fête de Lugnasad.

    Tailtiu est plus que seulement la mère adoptive de Lug, elle a tout le profil d'une grande déesse représentant un des aspects de la Terre-Mère. Ses racines selon toute évidence remontent au néolithique, à l'époque qui vit l'apparition de l'agriculture. Tailtiu fut la protectrice des premiers paysans. Elle protège les champs et le bétail. Sa force divine réside tout particulièrement dans les céréales. Au fur et à mesure que ces plantes grandissent, l'esprit de la déesse les habite. La céréale était identifiée à la grande Mère. La période de la moisson représentait ainsi logiquement la mort de la déesse, une mort donnant nourriture et abondance aux humains.

    Fête du 1er août : Lugnasad (

    Et ceci est justement le sens profond de cette fête, celui de la moisson. Dès les débuts de l'agriculture, dans les temps très reculés, les hommes comprirent l'importance de cette période de l'année. Elle se situe juste avant les grandes moissons. On invoquait la grande déesse afin qu'elle protège les paysans dans leur prochaine récolte. C'est l'époque de tous les dangers, car si à ce moment là viennent des intempéries, chaleur excessive, coup de froid, ou orage violent, alors toute la récolte, le fruit de toute une année de labeur, est en sérieux péril. Les conséquences et les risques d'un tel danger étaient bien-sûr la famine et la mort. Comme on peut le constater, cette fête de Lugnasad, était en fait bien plus une célébration de la Déesse-Mère que du dieu Lug. Fertilité, protection, récolte, et abondance, sont les mots-clé de cette fête. Dans certaines régions le souvenir de Lugnasad a survécu aux travers de ce que les autrichiens appellent les Wetterfrauen, les "Femmes du temps" [temps au sens de climat]. Ces Wetterfrauen sont encore célébrées de nos jours dans le monde paysan, on les invoque afin de protéger au niveau météorologique les prochaines moissons. En Autriche par exemple, le 20 juillet on invoque la Wetterfrau Margareta, le 22 juillet Magdalena. Ces Wetterfrauen sont donc un souvenir de l'ancienne tradition celte. 

    Pendant la fête de Lugnasad, il était coutume de prendre un peu de blé qui n'était pas encore tout à fait mûr, et d'en faire des petits pains qui seraient ensuite consacrés à la déesse et à Lug. De nos jours en Irlande, existe la coutume de déterrer les premières pommes-de-terre à cette période, coutume qui prend ses racines dans la fête de Lugnasad. Bien qu'à l'époque les patates n'existaient pas en Irlande, l'idée de fond est la même. Ces prémices de moisson étaient un acte magique afin de protéger toute la future récolte.

    Fête du 1er août : Lughnasadh (

    Une autre étymologie de Lugnasad est celle de "noces de Lug". Ces noces rappellent au souvenir de l'union du dieu avec la déesse. Cette union célèbre la fécondation des forces chtoniennes par les forces ouraniennes, de la terre par le ciel. Au niveau symbolique c'est l'union de l'axe horizontal (l'aspect féminin) avec l'axe vertical (l'aspect masculin). Cette union des deux axes nous donnent la parfaite image d'une roue solaire, ce qui plus tard se nommera une croix celtique. Pendant Lugnasad il était donc coutume de former des couples. Homme et femme s'unissaient afin de respecter cette période magico-religieuse qui protège l'union conjugale. Les enfants conçus lors de cette fête étaient particulièrement bénis des Dieux car ils sont les enfants d'un cycle sacré. Conçus pendant Lugnasad ces enfants naîtront autour d'une autre fête sacrée des Celtes: celle de Beltaine. La grande roue cyclique qui régit le monde paysan était ainsi honorée à son maximum. 

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    Dieux : Lugh (dieu du Soleil), Tammuz ou Dummuzi (sumérien), Faunus (protecteur des troupeaux dans la mythologie romaine), Baal (dieu phénicien qui, sous les dynasties des Ramsès, est assimilé dans la mythologie égyptienne à Seth et à Montou), Crom Dubh (dieu celtique de la fertilité), Dagon (dieu du grain phénicien), Dionysos (dieu grec de la vigne, du vin et de ses excès), Tanus (dieux gaulois du Tonnerre), Taranis (dieu celte du ciel, de la foudre et du tonnerre), Tina (dieu étrusque du Tonnerre), Cernunnos (divinité gauloise ornée de bois de cerf), Liber (divinité italique identifiée à Bacchus), Odin (dieu nordique des guerriers), Osiris (dieu Egyptien de la fertilité et du développement végétal).

    Déesses : la Mère (assimilée à Gaïa), Rhiannon (avatar de la divinité celtique féminine) et Epona (équivalent de Rhiannon chez les Celtes insulaires), Tailte ou Tailtiu (fille de Mag Mor), Déméter (déesse grecque de l'agriculture et des moissons), Perséphone (déesse grecque des enfers), Ceridwen (déesse gauloise de la mort et de la fertilité), Dana (déesse primordiale des Tuatha Dé Danann), Cérès (déesse romaine de l'agriculture, des moissons et de la fécondité), Seelu (déesse Cherokee), Isis (déesse égyptienne Protectrice du bien-être des naissances, des navigateurs et de l’État), Luna (déesse romaine de la Lune), Bastet (déesse égyptienne de la maison et du chat domestique mais aussi de la joie et de la chaleur du soleil), Gaïa (déesse grecque primordiale identifiée à la Terre-Mère), Ishtar ou Inanna (déesse de l’amour physique et de la guerre, régissait la vie et la mort connue dans de nombreuses traditions sous des noms différents), Libera (déesse italique associée à Perséphone).

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    *** Étymologie de Lug : L'étymologie exacte de Lugus est contestée. La racine proto-celtique du nom, *lug-, pourrait être dérivée de la racine indo-européenne *leug- « noir », *leuǵ-« casser », ou *leugʰ- « prêter un serment ».

    On pensait autrefois que la racine peut être dérivé du proto-indo-européen *leuk- "briller", mais il existe des difficultés avec cette étymologie notamment parce que le proto-indo-européen *-k- ne produit jamais en proto-celtique *-g-. Cette étymologie a toutefois toujours ses partisans pour qui Lugus signifierait « le lumineux ». Selon un conte celtes sur la création de Lugdunum (Lyon) "Lug" servirait à dire corbeau symbole important chez les peuples celtes. La traduction de Lugdunum serait donc "la colline au corbeau".

    Sources : Lug - Tailtiu - Lugnasad Lughnasadh - Correspondances de Lughnasadh.


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  • La fête nationale française (le « 14 Juillet ») est la fête nationale de la France. C'est un jour férié en France.

    Elle a été instituée par la loi en 1880, en référence à une double date, celle du 14 juillet 1789, date de la prise de la Bastille, jour symbolique entraînant la fin de la monarchie absolue, suivi de la fin de la société d'ordres et des privilèges, et celle du 14 juillet 1790, jour d'union nationale lors de la Fête de la Fédération.

    Fête nationale - Fête de la Fédération - Culte de la Raison et de l'Etre suprême

    La Rue Montorgueil, fête nationale du 30 juin 1878, par Claude Monet

    En 1879, la IIIe République naissante cherche une date pour servir de support à une fête nationale et républicaine. Après que d'autres dates eurent été envisagées, le député Benjamin Raspail dépose le 21 mai 1880 une proposition de loi tendant à adopter le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle. Si le 14 juillet 1789 (prise de la Bastille) est jugé par certains parlementaires comme une journée trop sanglante, la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790, elle, permet d'atteindre un consensus. Cette date « à double acception  » permet d'unir tous les républicains.

    La loi, signée par 64 députés, est adoptée par l'Assemblée le 8 juin et par le Sénat le 29 juin. Elle est promulguée le 6 juillet 1880 et précise simplement que « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle », sans indiquer d'année de référence.

    *************************

    Le 30 mai 1790, la municipalité de Lyon organise une grande fête civique : les 28 bataillons de la garde nationale de Lyon et des délégations des départements voisins défilent et s'assemblent dans le « Grand-Camp », à l'extérieur de la ville dans la plaine des Brotteaux, où l'on a construit pour l'occasion un temple de la Concorde et un rocher surmonté par une statue de la liberté portant d'une main une pique surmontée du bonnet phrygien et de l'autre une branche d'olivier. Un vaste public est spectateur. Une messe est célébrée par le curé de la paroisse Saint-Georges, l'abbé Benoît-Nizier Servier. Le serment suivant est prononcé :

    « Nous, députés des détachements des différentes gardes nationales rassemblées sous les murs de Lyon, pénétrés de l'importance de la mission sacrée qui nous a été confiée par nos commettants,

    Jurons sur l'autel de la patrie, et en présence de l'Être suprême, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution du royaume, d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi, d'exécuter et de faire exécuter les décrets de l'Assemblée nationale, sanctionnés ou acceptés par le roi.

    Nous jurons d'être inviolablement attachés à ce grand principe de la liberté individuelle, de protéger les propriétés particulières et les propriétés déclarées nationales, d'assurer la perception de tous les impôts ordonnés pour le maintien de la force publique, d'entretenir la libre circulation des subsistances dans toute l'étendue du royaume, de maintenir, partout où nous serons appelés, l'ordre et l'harmonie, sans lesquels les sociétés se détruisent au lieu de se perpétuer.

    Nous jurons enfin de regarder comme ennemis irréconciliables tous ceux qui tenteraient de porter atteinte à la nouvelle Constitution ; et nous reposant avec confiance sur la Providence qui soutient notre patriotisme, nous promettons de sacrifier nos fortunes et nos vies pour conserver à nos descendants cette liberté après laquelle nous soupirions depuis si longtemps. »

    Fête nationale - Fête de la Fédération - Culte de la Raison et de l'Etre suprême

    100 000 fédérés de province parmi entre 400 000 et 600 000 Parisiens au Champ-de-Mars pour la fête de la Fédération.

    À l’imitation des fédérations régionales de gardes nationales qui avaient commencé dans le Midi dès août 1789 et s’étaient étendues à toute la France, La Fayette, commandant de la Garde nationale de Paris, fait organiser à Paris pour l’anniversaire de la prise de la Bastille une fête nationale de la Fédération.

    Fête nationale - Fête de la Fédération - Culte de la Raison et de l'Etre suprême

    Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars

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    Le culte de la Raison des Hébertistes athées (automne 1793 - printemps 1794) puis le culte de l'Être suprême des Montagnards déistes (printemps - été 1794) sont, en France, un ensemble d'événements et de fêtes civiques et religieuses. Le théophilanthropisme, une émanation du culte de l'Être suprême, apparu en 1796 (26 nivôse an V), et interdit en 1803.

    Fête nationale - Fête de la Fédération - Culte de la Raison et de l'Etre suprême

    Assemblée des théophilanthropes.

    Il est explicitement fait référence à l'Être suprême dans le préambule de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui est un pilier du système juridique, politique et social français :

    « L'Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être suprême, les droits suivants de l'Homme et du Citoyen ».

    Fête nationale - Fête de la Fédération - Culte de la Raison et de l'Etre suprême

    Fête de l'Être Suprême, 1794. Musée Carnavalet, Paris

    Robespierre, déiste, avait vivement attaqué les tendances athées et la politique de déchristianisation des ultra-révolutionnaires (hébertistes), qui avaient institué le culte de la Raison fin 1793.

    Il leur opposa une religion naturelle – reconnaissance de l'existence de l'Être suprême et de l'immortalité de l'âme – et un culte rationnel (institution des fêtes consacrées aux vertus civiques) dont le but était, selon lui, « de développer le civisme et la morale républicaine ».

    Le culte de l'Être suprême était un culte déiste, influencé par la pensée des philosophes des Lumières, et consistait en une « religion » qui n’interagissait pas avec le monde et n’intervenait pas dans la destinée des hommes.

    Le culte de l'Être suprême se traduisait par une série de fêtes civiques, destinées à réunir périodiquement les citoyens et à « refonder » la Cité autour de l’idée divine, mais surtout à promouvoir des valeurs sociales et abstraites comme l’Amitié, la Fraternité, le Genre humain, l’Enfance, la Jeunesse ou le Bonheur.

    Fête nationale - Fête de la Fédération - Culte de la Raison et de l'Etre suprême

    Fête de l'Être suprême - Vue du Champ-de-Mars, toile de Pierre-Antoine Demachy (musée Carnavalet).

    La fête de l'Être suprême, célébrée le 20 prairial an II (8 juin 1794), est, pour quelques heures, la manifestation de cette unanimité mystique, morale et civique que Maximilien de Robespierre envisage pour l'avenir comme condition de la paix et du bonheur. La fête de l'Être suprême connut un grand succès à travers la France et fut celle dont on a conservé des traces visibles le plus longtemps. Les régions les plus concernées ont été le bassin parisien, la Normandie, le Nord, la région lyonnaise, le Languedoc, la Provence, l'Aquitaine et la Bourgogne. Les régions les moins concernées furent le Haut-Rhin, et l'Ouest, dans une certaine mesure. Les fêtes civiques sont restées concentrées dans le bassin parisien et en Normandie, en région lyonnaise et dans le couloir rhodanien. Il y en eut une à Brest, organisée par le représentant en mission Prieur de la Marne, membre du comité de salut public et montagnard robespierriste.

    Déroulement de la fête à Paris :

    Ce jour-là, les participants se rassemblent autour du bassin rond à l'extrémité est du jardin des Tuileries. Sur ce bassin, une pyramide représente un monstre, l'Athéisme entouré del'Ambitionl'Égoïsme et la fausse Simplicité.

    Robespierre a revêtu un habit bleu céleste serré d'une écharpe tricolore. Il tient un bouquet de fleurs et d'épis à la main. La foule immense, venue communier aussi à ce grand spectacle, est ordonnancée par Jacques-Louis David. Robespierre met le feu à cet ensemble qui démasque une fois brûlé une statue de la Sagesse.

    Puis Robespierre précède les députés de la Convention, dont il est le président dans un cortège jusqu'au Champ-de-Mars. L'hymne à l'Être suprême, écrit par le poète révolutionnaire Théodore Desorgues, est chanté par la foule.

    Sources : Fête nationale française - Fête de la Fédération - Culte de la Raison et de l’Être suprême -


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