• Février - Februa - Februarius

    "Le mois qui nous occupe ne porta pas le nom du dieu auquel il était consacré. Numa l’appela februarius, du mot latin februare, qui signifie purifier. A cette époque de l’année avaient lieu, en effet, des fêtes publiques expiatoires appelées Fébruales. Ces fêtes, qui commençaient le 1er février et qui duraient huit jours, avaient été instituées en l’honneur des morts. (...) Des sacrifices étaient faits aux dieux infernaux en l’honneur des morts qu’on voulait honorer. Pendant la durée des fêtes, il n’était permis à personne de se marier.

    Le dieu Pan
    Le dieu Pan

    Le 15 février on célébrait les Lupercales, fondées, dit-on, par Romulus et Rémus en l’honneur de la louve (en latin lupa) qui les avait nourris. Des pontifes appelés luperques sacrifiaient aux dieux, durant ces fêtes, des chèvres et de jeunes chiens, et avec des lanières de la peau des chèvres ils fustigeaient les passants.

    Les luperques, presque nus, frottés d’huile, se rendaient dans une grotte située au pied du mont Palatin et qui avait, dit-on, servi de tanière à la louve qui allaitait Romulus. C’est dans cette grotte, qu’on appelait luperccal, que les sacrifices avaient lieu ; le couteau teint du sang des victimes était essuyé avec un morceau de laine qui avait été trempé dans du lait.

    Quelques auteurs pensent que les Lupercales avaient lieu en l’honneur du dieu Pan, dont le nom grec lycoeus est dérivé de lycos, lupus. Si cette explication est la bonne, on comprend mieux la nature des sacrifices que les luperques offraient aux dieux. Pan, fils de Jupiter et de la nymphe Callisto, n’a-t-il pas des jambes et des pieds de chèvre ? Et n’est-il pas, comme le chien, le gardien des troupeaux ? D’ailleurs les luperques étaient les sacrificateurs ou, comme l’on disait, les flamines du dieu Pan. Ils formaient deux collèges : les Quintiens et les Flabiens.

    On célébrait encore, le 23 février, les Terminales, c’est-à-dire les fêtes données en l’honneur du dieu Terme, protecteur des limites. On représentait le dieu Terme tantôt sous la forme d’un bloc de pierre brut, tantôt sous la forme d’un pilier à tête humaine. On raconte que lorsque Tarquin le Superbe voulut bâtir un temple à Jupiter, les ouvriers ne parvinrent pas à enlever les statues de Terme et de la Jeunesse qui étaient sur l’emplacement choisi. Les augures consultés annoncèrent que cela voulait dire que la jeunesse de Rome serait éternelle et que ses limites ne seraient jamais diminuées. Les Terminales se célébraient. dans les champs ; sur chaque borne, on élevait un autel et l’on offrait au dieu des gâteaux, des fruits, un agneau, une jeune truie.

    Temple de Neptune
    Temple de Neptune

    Signalons enfin parmi les fêtes romaines célébrées en février : les Quirinales, le 17, en l’honneur de Romulus, dont le surnom était Quirinus ; les Fornacales, le 18, en l’honneur de la déesse Fornax (four), qui présidait à la cuisson du pain ; le Régifuge, le 24, dont nous avons déjà parlé.

    L’Église catholique célèbre tous les ans, le 2 février, la fête de la Purification de la Vierge. « Quarante jours après la naissance du Christ, la Vierge vint au temple présenter, pour sa purification, deux tourterelles et deux pigeons. » En ce jour, on faisait autrefois des processions avec des chandelles allumées, d’où le nom de Chandeleur donné à cette fête. Le pape Gélase, en 472, fit supprimer cette cérémonie ; néanmoins le nom de Chandeleur est encore conservé."

    Source : Histoire du mois de février

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    La fête des Lupercales est une fête de purification qui avait lieu à Rome du 13 au 15 février, c’est-à-dire à la fin de l’année romaine, qui commençait le 1er mars.

    Les luperques, prêtres de Faunus, sacrifiaient un bouc à leur dieu dans la grotte du Lupercal (au pied du mont Palatin) où, selon la légende, la louve avait allaité Romulus et Rémus, après avoir découvert les deux jumeaux sous un figuier sauvage (le Ficus Ruminalis) situé devant l'entrée de celle-ci, avant qu'il ne soient recueillis et élevés par le berger Faustulus et son épouse Acca Larentia, une prostituée surnommée lupa (en latin la « louve ») par les autres bergers de la région. Il est à noter que le terme de « figuier sauvage » ne s'applique qu'au figuier commun mâle, appelé aussi « caprifiguier » (caprificus c'est-à-dire « figuier de bouc »).

    Deux jeunes hommes, vêtus uniquement d'un pagne en peau de bouc, assistaient à la cérémonie. Le prêtre sacrificateur leur touchait le front de son couteau. Puis le sang était essuyé d'un flocon de laine trempé dans le lait. À ce moment, les jeunes gens devaient rire aux éclats. Puis ils couraient dans toute la ville de Rome. Ils étaient armés de lanières, taillées dans la peau du bouc sacrifié, avec lesquelles ils fouettaient les femmes rencontrées sur leur passage et qui souhaitaient avoir un enfant dans l’année, afin de les rendre fécondes.

    La fête des Lupercales est une fête de purification, en fin d’année. C’est aussi une fête de passage : le sacrifice dans la grotte est symbolique de la mort ; le rire aux éclats, qui survient après la purification, symbolise le retour du souffle vital, et donc la résurrection. Le bouc est lui un symbole de fécondité.

    Certains considèrent qu’avec les Liberalia et les Mamuralia, qui avaient lieu du 15 février au 15 mars, elles font partie d’un cycle de rites initiatiques marquant la fin de l’enfance pour les Romains.

    Le pape Gélase Ier interdit la fête des Lupercales. Il choisit saint Valentin comme saint patron des fiancés et des amoureux, et décrète que cette date (le 14 février, jour de sa fête) lui serait consacrée.

    Source : Lupercales

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    Extrait de "Les Fastes" d'Ovide :

    ""Februa" est le nom que nos ancêtres donnaient aux rites expiatoires: aujourd'hui encore maint indice en fait foi. Les pontifes (1) demandaient au Roi des sacrifices et au flamine de Jupiter (2) des laines que nos aïeux appelaient "februa"; les instruments qu'utilise le licteur (3) dans les maisons souillées par un meurtre, épeautre grillé (4) et grains de sel, portent le même nom; on appelle de même le rameau, qui, coupé sur un arbre purificateur, couvre de son feuillage les saintes tempes des prêtres. J'ai vu moi-même l'épouse du flamine de Jupiter demander les Februa; elle demandait les "februa", on lui donna une branche de pin. En un mot, tout ce qui sert à purifier notre corps portait ce nom chez nos aïeux hirsutes. C'est de là que le mois tire son nom (februarius), parce que les Luperques, armés de lanières de peau, parcourent toute la ville, pensant ainsi la purifier, ou encore parce qu'une période de pureté s'ouvre, une fois les morts apaisés dans leurs tombeaux, quand sont passés les jours des Mânes (6)."

    Notes:
    1: Les pontifes étaient les prêtres païens chargés de veiller au respect des rites traditionnels.
    2: Les flamines étaient une classe de prêtres païens dédiés au culte d'un Dieu en particulier.
    3: Les licteurs étaient chargés de protéger et d'exécuter les décisions des magistrats.
    4: L'épeautre est une sorte de céréale.
    5: Les Lupercalia (du 13 au 15 février).
    6: Les jours des Mânes sont liés à la fête des Feralia (21 février).

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    Février est donc une période charnière de purification pendant laquelle on célébrait à la fois le dieu de la mort et de la naissance, on fêtait les défunts et les nouveaux nés, le deuil et la fertilité, une fin et un recommencement.

    Chez les celtes, le 1er février se célébrait la fête connue sous le nom d'Imbolc. L'étymologie d'Imbolc vient de l'ancien irlandais "i mbolg" qui veut dire "dans le ventre". A mettre en relation avec la déesse Brigit - mise à l'honneur lors de cette fête - qui apporte ce retour cyclique de la lumière. Brigit est le nom irlandais de la Déesse, et il correspond à la Déesse Brigantia (actuelle Grande-Bretagne) ainsi qu'à la Déesse gauloise Rigani. Ce "dans le ventre" de l'étymologie d'Imbolc, cette grossesse, est donc liée à Brigit comme Déesse de la fécondité et protectrice des femmes enceintes. Par ailleurs l'aspect prophétique de la Déesse a lui aussi laissé des traces dans la célébration d'Imbolc étant donné qu'au 1er février on pratiquait beaucoup la divination. Le moment était propice pour interroger les signes afin de savoir ce que l'avenir réserve au foyer et au clan. Ses fonctions sont multiples car son culte est rattaché à la protection divine, la prophétie, la médecine, la fertilité et fécondité. Le bétail lui était dédié, ce qui nous renvoie aux notions d'abondance et de fertilité. Mais dans la tradition populaire elle est avant tout restée comme une Déesse liée au feu. Cette symbolique du feu la connecte à celle du soleil dont elle incarne le retour en période hivernale.

    Brigit était donc la déesse du feu, de l'abondance, de la fertilité, de la guérison, protectrice des cultures et la mère des dieux, entre autres. Imbolc était une fête de lustration, c'est-à-dire de purification du corps et de l'esprit. Entre autres coutumes, il en était une, sacrée, qui consistait à raviver le feu, en particulier celui du foyer et celui de la forge. Le feu et la lumière sont associés à Imbolc, comme à la Chandeleur. La bougie doit donc être présente et c'est la bonne période pour en fabriquer.

    Une tradition toujours très vivante pour Imbolc est celle qui consiste à faire avec du jonc tressé une croix de Brigit. Cette croix n'est autre qu'un swastika, symbole solaire par excellence. Ce swastika correspond tout à fait au symbolisme du retour de la lumière solaire. De nos jours encore en Irlande existe la coutume de tresser pour le 1er février des croix de Brigit.

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    On dit que le fête des chandelles fut instaurée en souvenir de la Purification de Marie, le 2 février, date à laquelle les fidèles défilaient en procession avec des cierges allumés et bénits. Les paysans gardaient toute l'année cette chandelle dotée de vertus bénéfiques, pour protéger leur foyer. Ils l'allumaient lorsque la foudre menaçait de tomber sur la maison ou lorsque quelqu'un était gravement malade.

    Pour en revenir à la fête d'Imbolc, les paysans parcouraient les champs avec des flambeaux en priant la déesse Brigit de rendre la terre féconde aux prochaines semailles. Ce rituel était encore présent il y a une dizaine d'année en Normandie, pour assurer la fertilité des champs on s'y promenait avec des torches.

    Et pour ce qui est des crêpes de la chandeleur, il s'agit de les retourner comme la vieille lune pour que l'hiver et le froid laissent la place au printemps.

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    "Février est aussi la période où - selon la tradition populaire - l'ours sort de son hibernation : s'il fait beau il retournera dans sa tanière pour 40 jours encore, mais s'il fait mauvais il restera dehors. L'ours est considéré comme la personnification du soleil."

    Février - Februa - Februarius

    "Dans les contes, l'homme sauvage est souvent fils d'un ours ou du diable (Merlin). La tradition raconte que l'ours sortit de sa tanière et ravit une jeune fille. Il l'emmena dans son antre et bientôt lui donna un fils aussi velu que lui. L'enfant fini par s'enfuir avec sa mère et de retour dans le village de celle-ci il aida es hommes grâce à sa force extraordinaire."

    Février - Februa - Februarius

    Gargouille d'homme sauvage - Cathédrale d’Évreux

    "La figure de l'homme sauvage s'inscrit dans une période bien définie qui est celle du carnaval. Depuis le Moyen Age et dans plusieurs villes d'Europe, on reproduit son comportement dans des rites carnavalesques : sortie d'un homme déguisé en ours qui se saisit d'une jeune fille et finit par être capturé par les autres carnavaleux."

    Février - Februa - Februarius

    Femme sauvage à la licorne - XVe siècle

    "L'homme sauvage évite les hommes qui le craignent et s'en moquent à la fois mais, il possède les secrets de la nature et il détient surtout une connaissance approfondie de tout ce qui concerne le lait. Aussi on l'invite au village pour qu'il enseigne aux hommes les secrets de la fabrication du fromage."

    Février - Februa - Februarius

    Marie Madeleine - femme sauvage

    "(quelques jours après la sortie de l'ours-homme sauvage, c'est la sainte Agathe (le 5 février), patronne des nourrices et invoquée pour la lactation. Sans parler de la voie lactée qui, selon d'antiques croyances, permet la circulation des âmes en cette même période."

    Source : L'homme sauvage ou homme vert.

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