• Fête du 1er août : Lughnasadh (fête des premières récoltes)

    Fête du 1er août : Lughnasadh (

    Le premier août de chaque année a lieu la grande fête celte de Lughnasadh. Dans le calendrier des cycles, cette fête est à mi-chemin entre le solstice d'été et l'équinoxe d'automne. Cette fête porte aussi le nom de Lammas - mais c'est un terme plus récent car il apparut sous influence anglo-saxonne, alors que celui de Lugnasad est antérieur, d'époque purement celte - Elembiuos, Thingtide, August Eve ou encore Feast of Bread. Son nom, Lammas, vient du terme anglo-saxon "Hlaef-Mass" qui signifie "messe du pain". Les chroniques anglo-saxonnes de 921 mentionnent ce jour comme étant "le festin des premières récoltes". Cette célébration a connu une grande popularité au Moyen-Âge mais a un peu disparu au moment de la Réforme, bien que certaines coutumes aient survécu et continuèrent d'être perpétuées.

    Cette fête marque la victoire manifeste de l'ombre sur la lumière - puisque depuis le 21 juin les jours raccourcissent - mais aussi la première récolte de l'année, lorsque le grain est récolté, transformé en farine et utilisé pour fabriquer le pain. Il est le symbole de l'abondance, de la prospérité, de la purification, de la transformation et du changement, préparant, si la récolte est fructueuse, à un hiver convenable.

    Fête du 1er août : Lugnasad (

    Le nom Lugnasad fait référence au grand dieu celte Lug***, et serait à traduire comme les "Jeux de Lug" ou "Assemblée de Lug". Le dieu Lug est le souverain qui redistribue les richesses. En son honneur se célébraient de véritables jeux "olympiques". Avec Lug nous sommes en présence d'un grand Dieu pan-celtique, c'est à dire qu'il fut hautement vénéré par tous les Celtes, continentaux et insulaires. Il a donné son nom à plus d'une douzaine de grandes villes en Europe comme Lyon (Lugdunum), Laon, Loudon en France, Leiden aux Pays-Bas, Lucca en Italie, Liegnitz en Pologne, Carlisle en Angleterre. De nombreux peuples celtes font remonter leur lignée jusqu'au dieu Lug, ce qui se retrouve dans le nom même de leur tribu comme par exemple les Lugones en Asturie (Espagne), ou Lougi en Écosse (Grande-Bretagne). Lug est un dieu polyvalent, pluri-fonctionnel, mais dont les traits principaux sont à situer dans la fonction souveraine et magico-religieuse. Ce profil correspond donc à la première fonction dumézilienne ((les trois fonctions étant dans l'ordre : sacerdotale, guerrière et artisanale). Il est à noter d'ailleurs que le dieu Lug fut comparé à juste titre avec d'autres dieux indo-européens de la même fonction. Tout comme le dieu indo-aryen Varuna ou le dieu germano-nordique Wodan-Odin, Lug possède de grands pouvoirs liés à sa connaissance des arts magiques. Les correspondances avec le dieu Odin sont parfois frappantes: les corbeaux sont les animaux qui accompagnent le dieu Lug, il pratique l'art de la magie, il ferme un œil pour la réalisation de certains rituels, il est le "patron" des poètes, il mène les armées au combat, son arme est la lance.

    Fête du 1er août : Lughnasadh (

    Le dieu Lug instaura cette fête en mémoire de sa mère adoptive Tailtiu dont un tumulus existe à Teltown en Irlande :

    Tailtiu, dans la mythologie celtique irlandaise, est la fille de Mag Mor, « roi d’Espagne » et l’épouse du dernier roi des Fir Bolg, Eochaid Mac Erc, dont le règne est réputé pour sa justice et sa prospérité. Elle est présente dans le texte mythique Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes d’Irlande). Elle défriche la forêt de Breg, pour en faire une plaine cultivable, ce qui la fait mourir d’épuisement. La forêt de Breg fait place à un champ de trèfle, plante désormais emblématique. L’étymologie de son nom est commune avec celui de la terre, elle a d’ailleurs laissé son nom à une ville de la province de Meath, Teltown (entre Navan et Kells). Elle est une des incarnations de l’Irlande.

    Ayant survécu à la « Première Bataille de Mag Tured » qui voit la défaite des Fir Bolg par les Tuatha Dé Danann, elle devient la mère adoptive du dieu Lug. À sa mort, celui-ci organise des cérémonies en son honneur (Áenach Tailteann) lors de la fête de Lugnasad.

    Tailtiu est plus que seulement la mère adoptive de Lug, elle a tout le profil d'une grande déesse représentant un des aspects de la Terre-Mère. Ses racines selon toute évidence remontent au néolithique, à l'époque qui vit l'apparition de l'agriculture. Tailtiu fut la protectrice des premiers paysans. Elle protège les champs et le bétail. Sa force divine réside tout particulièrement dans les céréales. Au fur et à mesure que ces plantes grandissent, l'esprit de la déesse les habite. La céréale était identifiée à la grande Mère. La période de la moisson représentait ainsi logiquement la mort de la déesse, une mort donnant nourriture et abondance aux humains.

    Fête du 1er août : Lugnasad (

    Et ceci est justement le sens profond de cette fête, celui de la moisson. Dès les débuts de l'agriculture, dans les temps très reculés, les hommes comprirent l'importance de cette période de l'année. Elle se situe juste avant les grandes moissons. On invoquait la grande déesse afin qu'elle protège les paysans dans leur prochaine récolte. C'est l'époque de tous les dangers, car si à ce moment là viennent des intempéries, chaleur excessive, coup de froid, ou orage violent, alors toute la récolte, le fruit de toute une année de labeur, est en sérieux péril. Les conséquences et les risques d'un tel danger étaient bien-sûr la famine et la mort. Comme on peut le constater, cette fête de Lugnasad, était en fait bien plus une célébration de la Déesse-Mère que du dieu Lug. Fertilité, protection, récolte, et abondance, sont les mots-clé de cette fête. Dans certaines régions le souvenir de Lugnasad a survécu aux travers de ce que les autrichiens appellent les Wetterfrauen, les "Femmes du temps" [temps au sens de climat]. Ces Wetterfrauen sont encore célébrées de nos jours dans le monde paysan, on les invoque afin de protéger au niveau météorologique les prochaines moissons. En Autriche par exemple, le 20 juillet on invoque la Wetterfrau Margareta, le 22 juillet Magdalena. Ces Wetterfrauen sont donc un souvenir de l'ancienne tradition celte. 

    Pendant la fête de Lugnasad, il était coutume de prendre un peu de blé qui n'était pas encore tout à fait mûr, et d'en faire des petits pains qui seraient ensuite consacrés à la déesse et à Lug. De nos jours en Irlande, existe la coutume de déterrer les premières pommes-de-terre à cette période, coutume qui prend ses racines dans la fête de Lugnasad. Bien qu'à l'époque les patates n'existaient pas en Irlande, l'idée de fond est la même. Ces prémices de moisson étaient un acte magique afin de protéger toute la future récolte.

    Fête du 1er août : Lughnasadh (

    Une autre étymologie de Lugnasad est celle de "noces de Lug". Ces noces rappellent au souvenir de l'union du dieu avec la déesse. Cette union célèbre la fécondation des forces chtoniennes par les forces ouraniennes, de la terre par le ciel. Au niveau symbolique c'est l'union de l'axe horizontal (l'aspect féminin) avec l'axe vertical (l'aspect masculin). Cette union des deux axes nous donnent la parfaite image d'une roue solaire, ce qui plus tard se nommera une croix celtique. Pendant Lugnasad il était donc coutume de former des couples. Homme et femme s'unissaient afin de respecter cette période magico-religieuse qui protège l'union conjugale. Les enfants conçus lors de cette fête étaient particulièrement bénis des Dieux car ils sont les enfants d'un cycle sacré. Conçus pendant Lugnasad ces enfants naîtront autour d'une autre fête sacrée des Celtes: celle de Beltaine. La grande roue cyclique qui régit le monde paysan était ainsi honorée à son maximum. 

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    Dieux : Lugh (dieu du Soleil), Tammuz ou Dummuzi (sumérien), Faunus (protecteur des troupeaux dans la mythologie romaine), Baal (dieu phénicien qui, sous les dynasties des Ramsès, est assimilé dans la mythologie égyptienne à Seth et à Montou), Crom Dubh (dieu celtique de la fertilité), Dagon (dieu du grain phénicien), Dionysos (dieu grec de la vigne, du vin et de ses excès), Tanus (dieux gaulois du Tonnerre), Taranis (dieu celte du ciel, de la foudre et du tonnerre), Tina (dieu étrusque du Tonnerre), Cernunnos (divinité gauloise ornée de bois de cerf), Liber (divinité italique identifiée à Bacchus), Odin (dieu nordique des guerriers), Osiris (dieu Egyptien de la fertilité et du développement végétal).

    Déesses : la Mère (assimilée à Gaïa), Rhiannon (avatar de la divinité celtique féminine) et Epona (équivalent de Rhiannon chez les Celtes insulaires), Tailte ou Tailtiu (fille de Mag Mor), Déméter (déesse grecque de l'agriculture et des moissons), Perséphone (déesse grecque des enfers), Ceridwen (déesse gauloise de la mort et de la fertilité), Dana (déesse primordiale des Tuatha Dé Danann), Cérès (déesse romaine de l'agriculture, des moissons et de la fécondité), Seelu (déesse Cherokee), Isis (déesse égyptienne Protectrice du bien-être des naissances, des navigateurs et de l’État), Luna (déesse romaine de la Lune), Bastet (déesse égyptienne de la maison et du chat domestique mais aussi de la joie et de la chaleur du soleil), Gaïa (déesse grecque primordiale identifiée à la Terre-Mère), Ishtar ou Inanna (déesse de l’amour physique et de la guerre, régissait la vie et la mort connue dans de nombreuses traditions sous des noms différents), Libera (déesse italique associée à Perséphone).

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    *** Étymologie de Lug : L'étymologie exacte de Lugus est contestée. La racine proto-celtique du nom, *lug-, pourrait être dérivée de la racine indo-européenne *leug- « noir », *leuǵ-« casser », ou *leugʰ- « prêter un serment ».

    On pensait autrefois que la racine peut être dérivé du proto-indo-européen *leuk- "briller", mais il existe des difficultés avec cette étymologie notamment parce que le proto-indo-européen *-k- ne produit jamais en proto-celtique *-g-. Cette étymologie a toutefois toujours ses partisans pour qui Lugus signifierait « le lumineux ». Selon un conte celtes sur la création de Lugdunum (Lyon) "Lug" servirait à dire corbeau symbole important chez les peuples celtes. La traduction de Lugdunum serait donc "la colline au corbeau".

    Sources : Lug - Tailtiu - Lugnasad Lughnasadh - Correspondances de Lughnasadh.

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